01.02.2008

docteur HamiltonNaki

 

 Docteur Hamilton NAKI, ce nom ne vous dit peut-être pas grand-chose. Et pourtant… La vie de cet homme exceptionnel mériterait d’être connue de tout Africain. En effet on pourrait sous-titrer sa biographie : « C’est l’histoire d’un jardinier sud-africain devenu un des plus grands chirurgiens cardiaques au monde, un pionnier de la greffe du cœur. ». Rien que cela !

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Le docteur Hamilton NAKI

 

 

 Le 29 mai 2005, pendant que le monde médiatique avait décidé d’analyser et d’analyser à nouveau, de commenter et de faire des projections dans le futur après le « NON » infligé au Traité constitutionnel européen par les Français, un homme au destin extraordinaire s’éteignait dans l’indifférence du monde occidental. Le docteur Hamilton NAKI nous quittait, à l’âge 78 ans.

 

Né dans le village de Ngcangane dans le Cap Oriental, en Afrique du Sud, le petit Hamilton quitta très tôt l’école, ses parents n’ayant plus les moyens de l’y maintenir. Déterminé à aider sa famille, et ne voulant pas rester dans le désoeuvrement, il décida quelques temps plus tard de se rendre dans la ville du Cap pour y trouver du travail. Malgré les difficultés financières, malgré la ségrégation raciale institutionnalisée qu’était l’Apartheid. Il partit quand même. En auto stop ! L’apartheid ne laissant pas beaucoup de possibilités de travail à un jeune Noir dans sa situation, il finit par décrocher un job de jardinier à l’Université médicale de Cape Town. Il était chargé de tondre la pelouse et de s’occuper de la surface des courts de tennis. C’est là que sa vie allait basculer, mais il ne le savait pas encore.

 

Sa chance est venue du chef du laboratoire de recherches animales de l’Université : monsieur Robert GROETZ. Celui-ci lors de la dissection d’une girafe, demanda l’aide du jardinier pour maintenir l’animal pendant l’opération. Ne se contentant pas de maintenir l’animal, il participa activement aux différentes phases de la dissection. C’était le début d’un apprentissage du prélèvement d’organes animaux. Très vite, sa dextérité le fit participer de plus en plus fréquemment à ce genre d’opération. Le jeune Hamilton, qui n’a jamais appris formellement les techniques opératoires puisqu’il n’a jamais été étudiant en médecine, en savait maintenant presque autant que les spécialistes de la chirurgie animale. Selon sa propre expression, il apprenait en volant avec ses yeux ! Il était devenu réputé pour ses qualités… manuelles. Officiellement, il était toujours le jardinier attitré es pelouses et courts de tennis. En période d’Apartheid, c’était un bon job pour un Noir. Mais cette réputation ne tarda pas à arriver aux oreilles de quelqu’un qui allait changer sa vie.

 

En effet, un jeune chirurgien qui allait devenir mondialement connu l’appela à ses côtés : le docteur Christiaan Neethling BARNARD. Il fera partie de l’équipe de greffe du médecin. Il travaillera désormais à la chirurgie cardiaque humaine ! C’est ainsi qu’il participa activement à la première mondiale qu’a été la greffe du cœur réalisée avec succès à l’hôpital du Cap le 3 décembre 1967 par le docteur BARNARD sur un homme de 56 ans. Pendant que le médecin sud-africain devenait une superstar planétaire et donnait interview sur interview, monsieur NAKI retournait dans son anonymat. Personne ne remarqua sa présence discrète, en arrière plan de l’une des photos de l’équipe médicale de celui qui allait devenir le célébrissime professeur BERNARD, pionnier de la greffe du cœur humain. Personne ne savait que c’est monsieur Hamilton NAKI qui avait prélevé sur une jeune femme, morte des suites d’un accident de la circulation, le cœur qui allait être greffé ce 3 décembre 1967 sur un malade du cœur : monsieur Louis WASHKANSKY. Et personne ne sut non plus que ce sont ses mains noires qui ont aidé à transplanter le cœur de la donneuse !

Le professeur Christiaan BARNARD

Ce n’est que quelques temps avant sa mort, que le professeur Christiaan BARNARD admit publiquement l’importance de monsieur NAKI dans son équipe de greffe cardiaque. Il ajouta même que monsieur NAKI était plus habile techniquement que lui. A la retraite, monsieur NAKI reçut une modeste pension de…  jardinier d’environ 200 € par mois ! Heureusement que l’Université du Cap lui décerna, à titre honorifique le grade de docteur en médecine. Il s’en est fallu de peu pour que le jardinier reste… jardinier !

Que la Terre d’Afrique du Sud lui soit légère. Puisse-t-il nous inspirer.

pris sur

 

JDS, Journal de

Sénégalais

 

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Commentaires

Une belle histoire que tu nous contes là, il est bon de retracer la vie exemplaire des gens peu connus,et on trouve souvent des parcours de vies exceptionnels. merci


Bises
hélène

Ecrit par : hélène | 01.02.2008

Il y a beaucoup d'injustices comme cela .. De couvertures tirées à soi...
Mais heureusement le temps quelque fois rend à César ce qui revient à César...

Ecrit par : pierlouim | 01.02.2008

J'ai un grand respect et une grande admiration pour les chirurgiens.

Ecrit par : Marie Bland | 01.02.2008

un homme de coeur parmi un monde blanc qui n'en avait pas beaucoup ...... de la "fin" de l'apparteid n'a pas réglé les problèmes, loin de là...
A bientôt
ANNIE

Ecrit par : Maminie | 01.02.2008

Incroyable histoire, fabuleuse... Comme je suis ravie de faire connaissance avec de monsieur. Merci beaucoup Bernadette. Bises de miche

Ecrit par : miche | 01.02.2008

Comme quoi il y a des gens extraordinaires que l'on ignore, c'est vrai une fabuleuse histoire, Merci pour le café, bises * * *

Ecrit par : Ailonuage | 02.02.2008

Un bien belle histoire pour cet homme, autodidacte à la fois comme jardinier et chirurgien. Merci de nous la présenter, car j'ignorais complètement son existence ! Ce ne sera plus le cas !

Le grillon

Ecrit par : christian | 02.02.2008

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